La triste histoire de la déviation d’Eguilles. La grave faute du maire sortant !

Du projet à son abandon : 

Dans les années 1970, le tracé de la déviation figure sur le POS (plan d’occupation des sols), il  est affiché en Mairie.

Le projet d’une route de contournement est connu de tous, les personnes désireuses de s’installer sur Eguilles en sont informées..

En 1984, le premier projet du Conseil Général fait l’objet d’une Déclaration d’Utilité Publique.

En 1990 le conseil municipal présidé par le maire de l’époque, Mme Chélini, approuve en décembre ce projet de déviation..

En 1995-96, des discussions sont engagées avec le Conseil Général par la nouvelle municipalité, présidée par M Dagorne, pour réduire l’ampleur du projet initial.

Ces discussions débouchent sur une route de 6 mètres de large (type déviation de Pelissanne), avec une voie lente dans la montée du chemin des Lauriers, et 1,50m de bas-côtés, un accès sécurisé par des ronds-points éclairés, une vitesse de référence de 60Km/h (route de catégorie 3), une protection phonique par des merlons de terre végétalisée, le tout financé intégralement par le Département.

Ces caractéristiques figurent dans le document officiel de l’enquête préalable à la Déclaration d’Utilité Publique du Conseil GénéraI.

En mai 1996, le maire, Robert Dagorne publie une lettre dans le bulletin municipal indiquant que de la consultation de la population organisée par la mairie, il ressort :

« qu’une forte majorité d’Eguillens, constate la nécessité et l’urgence de réaliser une déviation qui désengorge le centre du village »,…

qu’ « une minorité refuse l’ensemble du projet »,

que … « certains souhaitent qu’un nouveau tracé soit étudié plus à l’ouest »,

que . « d’autres suggèrent la réalisation d’une petite déviation »

De ces constats, et « pour répondre à l’intérêt général », le maire indique … « qu’il était urgent de réaliser une déviation », « qu’envisager un nouveau tracé retarderait la réalisation de plusieurs années », « qu’il était souhaitable d’obtenir du Conseil Général que cette voie soit mieux intégrée au village, en accentuant ses caractéristiques urbaines (limitation de vitesse, éclairage urbain, revêtement à niveau sonore réduit , amélioration de certains accès, soigner les ouvrages d’art et les plantations, amélioration de la protection phonique) »

Robert Dagorne, conclut « qu’il a décidé de confirmer au Conseil Général l’accord de la commune pour la réalisation d’une déviation sur le tracé proposé » et qu’il va « poursuivre tous ses efforts pour limiter au maximum l’impact global du projet sur l’environnement » et que le conseil municipal délibérera « sur les modifications qui seront apportées au projet initial accepté le 27 décembre 1990 par la précédente municipalité, afin que les travaux puissent enfin commencer »

En 1999, le 21 octobre, le maire reçoit du département une étude complète de la déviation, étude qui reprend, les caractéristiques mentionnées plus haut, c’est-à-dire, pour résumer, celles d’un ouvrage urbain, type déviation de Pelissanne.

Mais, dès lors Robert Dagorne, n’a de cesse de s’opposer au projet, refuse d’informer la population sur le détail, laisse prospérer de fausses rumeurs, des « fakes news » (ex: c’est une autoroute, le dossier est manipulé par Aix en Provence…), fait monter la pression en s’appuyant sur les opposants au projet.

Il entame un lobbying intense, pour obtenir l’abandon du projet, auprès des présidents du Conseil Général de l’époque, M Weygand puis M Jean-Noël Guérini !

En 2004, à l’occasion des élections cantonales, le Président du Conseil général craignant de perdre sa majorité politique, cherche à tout prix à éviter les conflits avec les électeurs!

Pour le canton d’Aix ouest, le dossier de la déviation est considéré comme source « d’ennuis ».

Aussi, pour ne pas «handicaper» la réélection du conseiller sortant, M André Guinde, le président du Conseil Général prend la décision d’abandonner, purement et simplement le projet de déviation!

Pour cela, il fait voter la décision de ne plus porter un projet de contournement routier d’Eguilles, à l’étude depuis plus de 30 ans et en conséquence, d’abandonner la déclaration d’utilité publique de cet ouvrage.

Le Conseil Général se tourne vers la commune pour lui proposer de reprendre, à son compte l’utilité publique d’un contournement du village.

Le maire et la majorité de son conseil municipal ne donnent pas suite à cette éventualité.

L’abandon du projet de déviation est donc entériné sans qu’aucun autre projet crédible, ne soit engagé !

Le tracé initial 

 

A partir de ce moment-là, le maire, aujourd’hui sortant,  se retrouve seul face au problème de la circulation, seul à choisir une stratégie et seul aussi, à assurer le financement des travaux de voirie !

Face à un tel enjeu, et au vide laissé par l’abandon du projet de déviation, on pouvait espérer que Robert Dagorne  prenne du recul, élabore un plan stratégique, négocie avec le Conseil Général sur l’avenir des terrains.

Il n’en a rien été.

Une faute historique…

Résultat, le chemin des Lauriers reste dangereux, (pente trop forte, courbe du virage trop serrée pour le croisement avec un car, mauvais revêtement, accès difficile pour les riverains, piétons peu sécurisés, etc.) et le trafic automobile passe quand même!

Lorsque le Conseil Général a décidé d’abandonner le projet, il a dans le même temps indiqué qu’il revendait les terrains dont il n’avait plus l’utilité.

La mairie d’Eguilles aurait pu acquérir auprès du Conseil Général, des parcelles pour réaliser, au fil des années, des aménagements de voirie, des cheminements, mais aussi des constructions de bâtiments public, des logements, des parkings, des agencements pour la mise en place de minibus, etc.

Mais rien de cela n’a été engagé, aucune réflexion stratégique n’a été entreprise.

C’est une belle occasion ratée, une faute historique.

Le maire choisit de bétonner les Lauriers- Saint Laurent

 Robert Dagorne très rapidement fait voter une modification du POS qui rend constructibles des terrains qui l’étaient peu ou pas, parce que classés en zones agricoles ou en zones vertes.

L’idée de Robert Dagorne, est que, plus il y aura de constructions plus il sera difficile voire impossible de construire une route. Il faut donc bétonner pour ne laisser, en guise de route que les petits chemins d’autrefois !!

Ce sera son idée fixe pendant plus de 20 ans.

Cependant, la mairie est obligée, pour aménager à ses frais, ces chemins qui ne sont pas aux normes, de s’adresser aux propriétaires pour essayer de leur acheter, des bouts de parcelles, alors qu’elle aurait pu les acquérir, auprès du département, lorsqu’il en était encore propriétaire, les parcelles nécessaires.

Mais là encore, il n’en est rien.

 Dès lors des maisons individuelles ou jumelles, poussent comme des champignons, sans plan d’ensemble, sans étude des cheminements, l’accès à ces constructions continuant à s’effectuer sur les anciens chemins en mauvais état, profilés pour un faible trafic.

Le trafic automobile est toujours là et ne s’arrête pas.

 Mais pour certains…le « jackpot » !

Lorsque le Conseil Général (CG) a négocié l’achat des terrains, non constructibles à l’époque car situés en zone agricole ou zone verte, il a été amené pour arriver à un accord à proposer en plus de la valeur vénale, une indemnité plus de 30% de cette dernière, au titre du préjudice subi.

Mais lorsque le projet de déviation a été définitivement abandonné, le CG a rétrocédé les terrains sur la base de la valeur vénale initiale.

Les anciens propriétaires ont donc réalisé en  peu de temps une plus-value de plus de 30% !

De plus la révision du POS a rendu constructibles, sur l’empreinte du projet abandonné, des terrains qui ne l’étaient pas auparavant.

Ce fut donc, une source de plus-value substantielle, pour les mieux informés !
Un véritable « jackpot », la parcelle se négociant entre 300 et 400 000€ pour une ou deux unités d’habitation !

On comprend mieux dès lors, la frénésie de constructions dans ce secteur d’Eguilles, véritable eldorado pour quelques-uns, mieux introduits que d’autres sur les possibilités d’achats et d’aménagements des terrains et des constructions, etc…

Celles et ceux particulièrement bien informés du projet de modification du POS ont donc été les plus grands bénéficiaires !

Quoi de mieux dès lors, pour réaliser une juteuse opération immobilière sur ces terrains ainsi libérés et désormais constructibles ?

Et des habitants peu satisfaits

Beaucoup d’habitants des secteurs Lauriers-Saint Laurent ne sont pas satisfaits, se plaignant de chemins en très mauvais état, de nuisances sonores, de la pollution, de l’insécurité des piétons, de l’exigüité à certains endroits…, certains estimant « s’être fait rouler dans la farine » car ils constatent, à leurs dépens, que la situation ne s’arrange pas.

Quant aux autres habitants d’Eguilles, ils ne sont pas non plus satisfaits de la situation, le village est toujours plus embouteillé et pollué, et c’est le budget de la commune, donc les impôts locaux, qui financent les travaux d’aménagements insuffisants pour résoudre les problèmes, alors que, il faut le répéter, le contournement d’Eguilles était intégralement financé !

Pour résumer :

La gestion depuis 25 ans du dossier de la déviation par Robert Dagorne, maire sortant,  a consisté, de fait :

  • à favoriser, pour quelques-uns, la réalisation de substantiels bénéfices, la création de rentes financières,
  • à faire supporter, par tous les habitants à travers le budget de la commune, les dépenses d’aménagements routiers, sans que le problème de fond ne soit traité : accroissement du trafic routier et nuisances associées !

 Pourtant : En 2014, Air Climat Energie (Communauté du Pays d’Aix) relève que :

23% de la population d’Eguilles est soumis à un niveau de particules fines

supérieur aux recommandations de l´OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

 Plus de 20 ans après cette grave faute :

                              Une coûteuse pseudo-déviation : le Chemin des Lauriers !!

Après plus de 20 ans  à défendre l’indéfendable (sauf pour quelques-uns..) le maire sortant face à la réalité quotidienne, a décidé de réaliser une pseudo-déviation, qu’il qualifie de « boulevard urbain ».

Ce sont donc des nouveaux investissements qui sont engagés chemin des Lauriers avec des problématiques de propriété, des passages étroits des trottoirs non conformes… et toujours plus de trafic avec son lot de pollution associé.

Face à cette situation, héritage d’une faute stratégique

et d’une obstination aveugle d’un quart de siècle,

NOUS NOUS ENGAGEONS à :

Réduire le trafic routier dans le centre et la périphérie.

Améliorer et développer les transports en commun.

Finaliser avec les instances (Métropole, Département, État) un projet de déviation à l’horizon 2026